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EO GUIDAGE donne sa vision de l’accessibilité sur les années à venir dans Handirect

EO GUIDAGE donne sa vision de l’accessibilité sur les années à venir dans Handirect (Janvier/Février 2014) – Découvrez l’interview de l’équipe dirigeante de EO GUIDAGE : Rémi ROCHON, Sylvain DENONCIN et Martin ROCHON.

Nous abordons la phase finale de la mise en place des fameux ADAP, que pensez-vous de cette mesure ?

C’est une mesure nécessaire dans l’application de la Loi de 2005. D’une part, nombre de villes ont pris du retard dans la phase de diagnostic et d’autre part, l’ampleur des travaux de mise en accessibilité s’est avérée plus importante que prévu initialement. Et dans un contexte de tension budgétaire, la question de la programmation devient fondamentale. L’enjeu est d’optimiser le coût des travaux et le service rendu aux usagers, au-delà de la simple mise en conformité.

Le maintien de l’échéance du 1er janvier 2015 est indispensable. Il est impensable de reporter cette date symbolique. L’inertie des changements de mentalités est forte et la dynamique est aujourd’hui réelle. Un bon point de plus pour les ADAP !

 

Il faut maintenant voir comment la question du contrôle de la programmation va être traitée. Car ce qui est au cœur des ADAP, c’est l’engagement des gestionnaires d’ERP à rendre leur parc accessible à tous, dans un cadre budgétaire supportable.

 

Nous saluons donc cette initiative qui faisait clairement partie des préconisations portées par l’AFPAPH (Association Française des Professionnels pour l’Accessibilité Aux Personnes Handicapées) lors de la consultation menée par la sénatrice Campion.

 

Quel délai supplémentaire maximum pensez-vous que l’on doit accorder aux différents secteurs concernés ?

Nous ne croyons pas que la question se pose au niveau sectoriel. C’est la capacité financière des maîtres d’ouvrages concernés qui doit éventuellement servir de curseur. Autrement dit, il n’y a pas de raisons d’accorder un délai à un bailleur qui a une forte capacité d’investissement et un coût de mise en conformité faible. En revanche, une collectivité locale aux moyens limités par un taux d’endettement élevé et qui se retrouve avec un budget de mise en conformité proportionnellement très élevé doit pouvoir répartir la charge sur 7 ans.

 


Certaines normes sont aussi revues et corrigées, à la baisse, on s’en doute que savez-vous sur le sujet ?

Nous participons activement à plusieurs commissions de normalisation sur l’accessibilité. Notre objectif est de veiller à ce que les normes et bonnes pratiques issues de ces travaux soient en adéquation avec les besoins des personnes handicapées. C’est d’ailleurs Lise Wagner, experte en accessibilité chez EO GUIDAGE et non-voyante, qui nous y représente.

Les usagers ont besoin de retrouver les mêmes systèmes, les mêmes implantations, les mêmes codes où qu’ils soient, l’harmonisation des pratiques est fondamentale.

 

En qualité de leader des dispositifs d’accessibilité et de la mobilité pour les personnes non et mal voyantes pouvez-vous nous éclairer sur les nouveautés de ce marché ?

L’enjeu n’a pas changé : faciliter l’accès à la ville pour les personnes handicapées tout au long de leur déplacement. A tout moment, la personne doit pouvoir obtenir une information d’orientation et de sécurité dans la modalité sensorielle adaptée à ses besoins. Pour cela, nos solutions proposent la plupart du temps de l’audio, du tactile et du visuel en visant l’ergonomie et la simplicité d’usage.

Les avancées technologiques nous permettent chaque jour de concevoir des solutions plus performantes et d’être exigeants sur leur design et leur intégration dans l’environnement.

En voirie, nous travaillons sur l’accessibilité du mobilier urbain et parallèlement, présenterons dans quelques semaines notre toute dernière génération de feux sonores qui révolutionne les pratiques.

Dans les transports, nous déployons des systèmes tactiles et sonores pour améliorer l’accès à l’information et l’orientation aux abords et à l’intérieur des terminaux.

Dans les bâtiments, l’actualité est riche. Notre TOM (Table d’Orientation Multimédia), développée conjointement avec Tactile Studio, a remporté le mois dernier 3 prix de l’innovation et du design, dont un remis par la prestigieuse SIGN DESIGN SOCIETY à LONDRES.

Plusieurs centaines de balises sonores ont été déployées en 2013, notamment pour La Poste, Orange ou la Ville de Nanterre. Ce type de solutions a désormais été adopté par les maîtres d’ouvrages, soucieux de faciliter l’accès à leurs établissements.

L’utilisation des smartphone ouvre également un champ d’innovations incroyable.

Dans l’ensemble, le regard sur l’accessibilité a changé : nos solutions sont désormais perçues comme des objets de design qui soulignent des lignes architecturales et qui s’adressent à un public plus large, grâce à leur simplicité et ergonomie.

L’accessibilité sera donc technologique et esthétique !

 

Les personnes atteintes de déficience visuelle ont-elle la sensation que leurs besoins sont pris au sérieux dans cette évolution  des normes d’accessibilité ?

Il faut leur poser la question. Ce que nous constatons c’est que les associations doivent se battre sur tous les fronts pour faire entendre leur voix et faire respecter leurs droits. Nous sommes à leurs côtés pour mener ce combat.

 

De votre expérience internationale comment situez-vous la France dans l’approche et l’application de l’accessibilité au besoin des personnes à mobilité réduite ?

Nous sommes effectivement intervenus cette année dans une quinzaine de pays. Nous nous battons tous les jours contre l’idée convenue d’une France en retard sur tous les sujets, dont celui de l’accessibilité.

La Loi de 2005 constitue un incroyable catalyseur qui propulse aujourd’hui la France parmi les pays les plus en mouvement sur cette question. Les obligations qui concernent la mise en accessibilité de la chaine du déplacement ont entrainé le développement d’une réelle expertise technique et industrielle. Des solutions concrètes et efficaces sont implantées chaque jour, et les volumes croissants permettent d’atteindre des coûts de revient très raisonnables.

Conséquence : de nombreux pays dans le monde s’inspirent de la Loi de 2005 et viennent chercher des solutions techniques et un savoir-faire qui ont fait leurs preuves.